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De la colonisation à l'indépendance

La Communauté française, proposée par référendum le 28 septembre 1958, est acceptée par 99,5 % des votants, et 75 % des inscrits. Le 11 décembre de la même année, la République voltaïque est proclamée, et adhère aussitôt à la Communauté. En 1959, la République devient autonome.

Aux élections législatives du 19 avril 1959, le Rassemblement démocratique africain (RDA) arrive très largement en tête avec 70 % des suffrages, et occupe 65 des 75 sièges de l’Assemblée puis 71 à la suite de désistements : le PRA, très minoritaire, disparait peu après. Le sénateur Koné Begnon est élu président de l’Assemblée, et Maurice Yaméogo, qui avait succédé à Ouezzin Coulibaly à la tête du gouvernement, devient président du Conseil des ministres. Après une période de relative instabilité, l’autorité de l’État est peu à peu rétablie. Yaméogo renforce son autorité en étant élu à la tête du Rassemblement démocratique africain le 30 décembre 1959 ; le 4 juin 1960, la Haute-Volta demande et obtient l’indépendance.

Post indépendance à nos jours
Après avoir tenté d’imposer l’Union démocratique voltaïque (UDV) en tant que parti unique, le premier président Maurice Yaméogo est contraint de démissionner le 3 janvier 1966 à la suite de soulèvements populaires provoqués par ses politique d’austérité (diminution des salaires des fonctionnaires, augmentation des impôts) alors qu’il avait été réélu à la présidence l’année précédente avec 99% des suffrages.

Au nom de l’armée, le lieutenant-colonel Aboubacar Sangoulé Lamizana prend alors le pouvoir. Il renverse la Première République et instaure un régime militaire autoritaire, supprimant au passage les partis politiques. Le 12 février 1969, il nationalise les écoles privées catholiques. Le régime s’assouplit peu à peu, et le 20 novembre de la même année, les partis politiques sont à nouveau autorisés. Le 14 juin 1970, le chef de l’État fait approuver par référendum une nouvelle Constitution. C’est le début de la Deuxième République. Ce texte attribue la présidence de la République au militaire le plus ancien ayant le grade le plus élevé, et accorde au moins un tiers des portefeuilles ministériels à l’armée.

Des élection législatives ont lieu le 20 décembre 1970. La démocratisation est cependant de courte durée, puisque le 8 février 1974, Lamizana opère à nouveau un coup de force, suspend la constitution, dissout l’Assemblée nationale, mettant ainsi fin à l’éphémère Deuxième République. La rivalité entre Gérard Ouédraogo, le premier ministre, et Joseph Ouédraogo, président de l’Assemblée nationale, avait dans les mois précédents conduit à une paralysie des institutions. L’armée reprend ainsi le pouvoir.

Le 27 novembre 1977, une nouvelle Constitution est approuvée par référendum, donnant naissance à la Troisième République. Aux élections législatives de 1978, sept partis sont en présence, mais seuls les trois partis arrivés en tête sont autorisés à poursuivre leurs activités. Vainqueur de l’élection présidentielle en mai 1978, Lamizana est confronté à un mouvement de grève générale en 1980, organisé par la Confédération des syndicats voltaïques. Le 25 novembre 1980, il est renversé par le colonel Saye Zerbo, qui est à la tête du Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN).

Cependant, deux ans plus tard, le 7 novembre 1982, celui-ci est à son tour renversé, et doit céder le pouvoir au Conseil provisoire de salut du peuple (CPSP) du commandant Jean-Baptiste Ouédraogo. Ce dernier choisit pour Premier ministre le jeune Thomas Sankara, qui ne reste au pouvoir que jusqu’en mai 1983. À la suite de son renvoi, le 4 août 1983, une partie de l’armée se soulève, conduite par le commandant Boukari Lingani et les capitaines Blaise Compaoré, Thomas Sankara et Henri Zongo. C’est alors le début de l’époque de la Révolution. Le CSP est renversé, puis remplacé par le Conseil national de la Révolution (CNR). Le Capitaine Sankara est nommé à la tête du Pays.

L’année suivante, le 4 août, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution, le pays est rebaptisé Burkina Faso (Pays des hommes intègres), un nouvel hymne national, une nouvelle devise (« La patrie ou la mort, nous vaincrons ») et un nouveau drapeau sont choisis. On procède également à un nouveau découpage territorial, qui donne naissance à vingt-cinq provinces et 121 départements.

Au bout de 4 ans de régime révolutionnaire, le président Sankara est renversé à son tour par Blaise Compaoré, le 15 octobre 1987. Thomas Sankara est assassiné lors de ce coup d’état, au cours d’une réunion du Conseil de l’Entente. Une des premières mesures que prend Blaise Compaoré est la dissolution du Conseil national de la Révolution (CNR) qu’avait créé Sankara. Il crée un nouveau parti, le Front populaire (FP).

Blaise Compaoré est au pouvoir depuis 1987. Le multipartisme a été instauré en 1991. En 1992, une grande partie des entreprises d’État ont été privatisées suites aux discussions avec le FMI et la banque mondiale. Blaise Compaoré a été élu pour la premère fois en 1991, et réelu en 1998 et 2005. Une polémique a accompagné la dernière candidature présidentielle de ce dernier. La Constitution burkinabé ne prévoit pas en effet que le président puisse se représenter à l’issue de deux mandats. Cependant, la disposition visant à interdire la possibilité d’un troisième mandat ayant été adoptée au cours du deuxième mandat de Compaoré, le Conseil constitutionnel a estimé que la candidature de celui-ci à l’élection de 2005 était bien valide.

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