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L'agriculture au Burkina faso

BURKINA FASO : PAYS AGRICOLE

Traditionnellement, l’agriculture est l’activité économique la plus importante du Burkina Faso ; car elle fait vivre plus de 10 000 000 de burkinabè et occupe plus de 84.1% de la population active. A la différence des autres pays de l’Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso se consacre essentiellement à la culture vivrière, avec pour objectif d’arriver rapidement à une complète autosuffisance alimentaire de ses populations.

Ainsi, la majeure partie de ses terres cultivées est consacrée à la production de céréales : le sorgho ou gros mil dans les régions plus arrosées et le petit mil dans les régions sèches et sur les sols sableux. A elles deux, ces céréales africaines fournissent plus de 1.6 millions de tonnes par an et occupent 73% des terres cultivées du Burkina Faso : le Nord très sec est surtout le domaine du petit mil, tandis que le reste du pays, plus humide, est celui du sorgho, (à noter qu’en pays Mossi, dans le Centre les 2 céréales sont associées, dans le but d’assurer un minimum de récolte, au cas où une vague de sécheresse intempestive viendrait à s’abattre sur le pays).

Parmi les cultures vivrières complémentaires figurent le maïs (370 000 t/an), le manioc, les ignames, le riz paddy (90 000 t/an), l’arachide (15 000 t), etc...
La plupart d’entre elles comme le riz ou l’igname sont cultivés dans les régions les plus humides du Burkina Faso, comme l’extrême Sud-Ouest (pays Turka, Gouin, Sénoufo et Lobi).

Par ailleurs, le Burkina Faso produit également 400 000 tonnes de canne à sucre par an, transformées en sucre par la SOSUCO, à Banfora.
Malgré ses efforts pour développer la production, le pays n’arrive pas à être autosuffisant dans le domaine vivrier et doit importer plus de 12 000 tonnes de céréales par an.


COTON ET CANNE A SUCRE

Certaines cultures vivrières sont également des cultures d’exportation ; des graines de sésames et des arachides. En plein essor, la culture du coton s’est surtout développée à l’Ouest (pays Bobo), autour de Boromo, Dédougou, Houndé et Bobo-Dioulasso.

Alors qu’elle représente seulement 32 000 t de coton-graine dans les années 1970, la production atteint aujourd’hui 340 000 t/an. Elle est en partie transformée sur place (égrenage, filage et tissage, notamment dans le complexe textile de Koudougou) et en partie, exporté vers l’Extrême-Orient et l’Europe.

Pour la balance commerciale burkinabè, ces exportations de coton représentent la principale recette, surpplantant depuis une dizaine d’années les produits de l’élevage.

Autres cultures commerciales : les fruits et légumes. Activités d saison sèche, cette production maraîchère et fruitière s’est développée autour des villes pour répondre aux besoins des citadins (hauts fonctionnaires et personnel expatrié européen), mais aussi pour l’exportation.

Les haricots verts et les tomates de Kongoussi (Nord de Ouaga, en pays Mossi) et les mangues greffées de Banfora (Sud-Ouest) arrivent maintenant en 3è position dans le recettes d’exportation, derrière le coton et les produits d’élevage.


ELEVAGE ET PECHE

Fortement décimé par les sécheresse périodiques de 1974 et de 1984/85), qui ont détruit les pâturages, le cheptel burkinabè s’est entièrement reconstitué aujourd’hui.

Pratiqué par les nomades dans le nord, par l’association nomades/agriculteurs sédentaires dans la majeure partie du pays et par les seuls agriculteurs dans le sud, l’élevage compte aujourd’hui 4,5 millions de bovins, 6,2 millions d’ovins et 7,9 millions de caprins.

En fait, le rendement de l’élevage est freiné par la tradition (pour les pasteurs peul par exemple, les vaches font partie de leur patrimoine et ne peuvent être abattues) et la diminution des pâturages (désertification due à la sécheresse et aussi au surpâturage)
.
Mais la dévaluation de 1994 a largement profité de cette filière qui subissait fortement auparavant la concurrence européenne.

Quant à la pêche (en eau douce) elle se pratique essentiellement dans les fleuves et rivières traversant le Burkina Faso (Mouhoun, Nakambé, Nazinon, Comoé, Sourou ; etc…) dans les lacs de (Bam et de Dem), dans les marigots ainsi que dans les bassins de retenue des barrages édifiés par l’homme (comme le barrage de la Kompienga, dans le Gourma, au sud-est de la capitale).


LA MAITRISE DE L'EAU

Pour donner le maximum de chances de développement à leurs agricultures, les autorités burkinabè ont entrepris une œuvre de longue haleine à la fois pour pallier les inconvénients d’un climat aride et les traditions trop archaïques de la paysannerie. D’où la mise en place d’un projet SAAGA : en effet les nuages sont souvent bombardés pour attirer la pluie pendant la saison pluvieuse pour éviter l’irrégularité des pluies.

Pays sahélien, le Burkina Faso est en effet, trop souvent victime des sécheresses cycliques qui s’abattent sur la région ou des caprices d’une pluviométrie qui se soldent par de trop fortes précipitations ravinant toutes les bonnes terres arables.

Aussi, l’un des grands mots d’ordre au Burkina Faso est la ‘’maîtrise de l’eau’’ par le forage de nombreux puits, la création des barrages et de larges périmètres d’irrigation.

Ainsi, un premier grand barrage a été édifié sur la Kompienga près de Pama, à l’est du pays permettant à la fois d’offrir de l’eau aux exploitations agricoles et de créer un bassin très poissonneux où la pêche en eau douce offre d’importantes ressources. Puis un autre barrage a été aménagé à Bagré, dans l’est du pays également.

Autres actions du gouvernement : accroître le nombre de bonnes terres arables. Seulement 1/100 du territoire était jusqu’à maintenant cultivé, or il existe au Burkina Faso des millions d’hectares parfaitement propices à l’agriculture mais désertées par les paysans : les vallées des grands fleuves. Riche en alluvions, elles sont malheureusement aussi porteuse de terribles maladies comme l’onchocercose (larves déposées sur les yeux par des mouches entraînant la cécité).






Maraichage près d'un barrage Burkina Faso

Un pays rural

A l’image de la répartition démographique du pays, l’économie du Burkina Faso est essentiellement rurale. Loin d’être un exportateur important, le Burkina Faso recherche avant tout une autonomie alimentaire. Les productions traditionnelles sont le mil et le sorgho, cultivés à la saison des pluies et dont les récoltes sont aléatoires d’une année à l’autre. Une saison des pluies médiocres peut imposer aux cultivateurs de refaire plusieurs semis, parfois jusqu’à épuisement des stocks. Il s’en suit souvent une flambée des cours animée par des importateurs céréaliers qui spéculent sur la sécheresse et sur les aides extérieures (ONG, UE, EU).

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